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5 janvier 2014

Rendez-vous en terre navajo

Mardi 9 Juillet 2013 : Les Navajos sont durs en affaire

Ce matin-là, on eut le droit à une grasse-matinée : 9h ! Prendre son temps pour le petit-déj et pour ranger (encore) ses valises, comme c’est agréable… surtout en vacances. Sur les coups de 11h, nous sommes partis en direction de Monument Valley. En chemin, nous sommes passés à proximité d’un petit parc, Navajo National Monument. J’ai proposé que l’on s’y arrête car notre destination finale n’était pas loin. De plus, mon guide papier en parlait. On a donc fait un détour de 2-3 miles pour voir si ce petit parc en valait la peine.

Nous avons découvert trois sentiers de temps et de difficultés variables : un menait à une vue sur une forêt de pins, un autre à une vue sur un canyon et le dernier à un village troglodyte. Nous avons décidé de suivre ce dernier. Au bout d’une petite demi-heure, on atteignait la fin du sentier. Mais aucun village en vue… Puis j’aperçus des jumelles laissées à la disposition des visiteurs. Je m’en saisis et les pointa vers la paroi rocheuse de l’autre côté du petit canyon. En plein milieu de la paroi se trouvait une cavité abritant un village taillé dans le roc. Impressionnant. Surtout que le grossissement était grand. Les détails étaient parfaitement visibles. Difficile d’imaginer que des personnes avaient vécu dans ce village si peu accessible. Après quelques minutes d’émerveillement, il fallut repartir. Le chemin retour fut un peu plus long pour moi : ça grimpait, il faisait chaud et je n’avais plus d’eau. Autant dire que j’étais heureuse de retrouver la voiture.


Village troglodyte

Après cette brève halte, nous reprîmes la route vers le plus célèbre parc tribal Navajo des Etats-Unis : Monument Valley. Avant de rentrer dans la réserve indienne, nous avons trouvé une sorte de zone commerçante navajo : quelques boutiques qui vendaient des souvenirs ou qui proposaient ses services pour visiter la réserve. Nous nous y sommes arrêtés et j’en ai profité pour acheter un petit collier en turquoise, pierre censée protéger son porteur. (Ma pierre devait être défectueuse vu le séjour que j’ai passé…)

Entrée dans le territoire navajo
Mon collier en turquoise












Pour comprendre la suite, laissez-moi vous donner quelques explications. A Monument Valley, il y a une scenic road qui fait le tour des principales formations rocheuses. Cette route est libre d’accès aux voitures mais elle est plus ou moins ensablée en fonction des conditions météorologiques. Il existe plusieurs petites compagnies navajos qui proposent aux touristes de faire le tour de cette route, dans de gros 4x4. Chaque jour, une seule compagnie a le droit de tenir un stand à l’entrée de la scenic road, près de l’hôtel de la réserve. Les autres compagnies doivent rester dans la zone commerçante pour y faire leur vente.

Un autre point à soulever avant de continuer : le parc tribal comporte cette route touristique mais également des sections privées, qu’il est interdit de pratiquer sans un guide Navajo à ses côtés.

Je voulais tenter de parcourir la scenic road avec notre voiture (parce que ça nous économisait pas moins de 75 $ par personne). J’ai donc repéré une voiture d’un modèle similaire à la notre qui revenait de la route touristique pour leur demander l’état de la route, comme le préconisait mon guide du routard. Les occupants de la voiture m’ont alors assuré que le chemin était praticable.

Mais comme je n’étais pas la seule à décider et que les autres (enfin un autre) n’étaient pas très chauds, je me suis aussi renseignée auprès d’une agence de la zone commerçante, vu qu’on était dans le coin. Son tarif noté sur un bout de papier, nous sommes entrés dans la réserve pour voir le prix pratiqué par la compagnie qui tenait le stand de la scenic road. Il était plus élevé. Ne voulant pas retourner dans la zone commerçante, j’ai essayé de négocier avec le Navajo en charge. Je lui ai parlé de l’itinéraire prévu (route touristique + section privée), du nombre de passagers (seulement nous quatre), du moyen de transport (4x4 avec guide privé) et bien sûr du prix. Il a essayé de chipoter. Je voulais au moins qu’il s’aligne. Mais il n’en démordait pas. Tant pis pour lui, nous avons enrichi une compagnie concurrente. L’avantage supplémentaire était que nous avons eu le choix de l’heure du départ, le lendemain ; 10h, si je me souviens correctement.

Avec tout ça, le temps était passé rapidement. C’était l’heure de poser ses valises, prendre une douche et grignoter quelque chose. Qui dit lieu exceptionnel, dit hôtel exceptionnel. J’avais réservé le seul hôtel présent dans la réserve : The View (la Vue). Et il portait divinement bien son nom. Toutes les chambres étaient tournées vers les formations rocheuses qui ont fait la célébrité de Monument Valley. Le prix de la nuit était certes élevé mais cela en valait vraiment la peine.

Sur le balcon de notre chambre, à admirer les mesas, j’avais un sentiment de plénitude. Comme, lorsque subjugué par la beauté d’un paysage, on ne réfléchit plus. On est juste bien. C’est très dur de retranscrire avec des mots les sentiments ressentis à ce moment-là. Pour comprendre, vous n’avez plus qu’à y aller à votre tour ;-)

Vue de la chambre


Notre balcon avec une superbe vue












Remis de nos émotions, nous sommes partis en quête de nourriture, dans ce coin désertique. Manger au restaurant de l’hôtel était hors de question car il était bien trop cher. Nous avons donc opté pour Mexican Hat, la « ville » voisine. En parcourant l’unique rue/route de la ville, nous avons senti une bonne odeur de barbecue. Demi-tour et hop ! nous étions dans une arrière cour d’hôtel-restaurant à côté d’un barbecue typique américain. Le cuistot posait les gros morceaux de viande et les steaks pour hamburger sur un plateau qui faisait le balancier au dessus du feu. Les cendres de bois virevoltaient autour de nous, les rires des tables voisines nous parvenaient, c’était une expérience sympa.
Mexican Hat

Le ventre bien rempli, nous sommes retournés à l’hôtel, impatients d’attaquer une nouvelle journée en terre navajo. Mais qui aurait pu penser qu’elle serait si… vibrante.


Mercredi 10 Juillet 2013 : Plongée au cœur de la culture navajo

Quand mon réveil se mit à sonner à 5h50, ce fut vraiment difficile. Mais ce qui suivit m’ôta rapidement toute sensation de fatigue. J’ouvris les rideaux et passa sur le balcon. Le ciel présentait un dégradé de violet, de rose et de bleu. Les formations rocheuses de Monument Valley découpaient le ciel. L’astre diurne tentait une discrète apparition, sous les yeux de quelques courageux touristes.
Entre deux photos, je regardais, subjuguée, le paysage changer de couleur à chaque seconde. Au bout de quelques minutes, ma mère me rejoignit, endormie, sur le balcon. Malgré la fatigue, elle ne voulait pas manquer le spectacle. Une fois le soleil bien levé, nous sommes parties nous recoucher.




Deux heures plus tard, le réveil sonna à nouveau. Le temps de nous habiller et nous étions au restaurant de l’hôtel pour prendre le petit-déjeuner face à Monument Valley. La journée commençait bien.

Quelques instants plus tard, nous étions devant l’hôtel, les valises déjà rangées dans la voiture, attendant le 4x4 pour notre tour guidé dans le parc tribal. Et là, un énorme pick-up apparut. C’était pour nous. Alors, en route ! A un mètre et demi au-dessus du sol, on dominait la scenic road. Brinquebalés dans le véhicule à cause de l’état de la route, nous observions, tels des enfants aux yeux ronds, les mesas aux allures d’éléphant ou de rhinocéros, les formations rocheuses en forme de trône, de W ou même de Geronimo. Mon préféré restera le Dragon. Tellement ressemblant que c’en était impressionnant.

4x4



Rhinocéros


Elephant
Geronimo


Le Dragon

La balade était intéressante. Ici, une pause pour une explication. Là, un arrêt photo pour un paysage digne d’un film de cowboy. Là encore, la vision d’un sous-marin en pierre. Et puis, au bout d’un moment, nous avons quitté la route touristique pour un petit chemin qui serpentait autour de formations rocheuses anonymes. Et, on s’arrêta. Le reste de la visite se faisait à pied et au pied des roches. Nous avons pu voir du bois fossilisé, des traces de pas dans la roche, des pétroglyphes et des végétaux utilisés pour assommer des animaux (ou des ennemis) lors de la chasse.
Pétroglyphes


Un peu plus et on verrait des cowboys et des indiens galopés à travers le sable


Eye of the Sun
Ear of the Wind























Porte du Nord

Le clou de la visite eut lieu un peu plus tard. La guide arrêta le pick-up et nous emmena dans une grotte aux murs arrondis. Elle nous demanda de nous allonger/adosser aux parois et de fermer les yeux. Elle sortit sa flûte traditionnelle et nous joua un morceau. L’ambiance et la mélodie rendirent l’instant magique. Nous avons fini la visite, toujours envoûtés.

Notre guide et sa flûte envoûtante
Après ce moment magique, nous étions affamés. Pour se rassasier rien de mieux que de la cuisine navajo, à la sauce américaine. Nous nous sommes arrêtés dans un petit resto navajo qui donnait sur une petite rivière. Je ne me souviens plus du nom des plats mais… Oh my god ! Un plat pouvait nourrir 3 personnes à lui tout seul ! Bien évidemment, nous n’avons pas tout fini mais on a bien ri car on ne savait pas comment manger le plat. A la fourchette ? La pâte était trop épaisse. A la main ? On en mettait partout. En tout cas, c’était bien drôle.

Plat navajo

Petit plat et petite bière















Puis nous avons repris la route, direction Gooseneck. Les ocres et les rouges de Monument Valley laissaient place aux gris et aux beiges. Autre changement, on retrouvait des plissures sur la terre avec différentes couches. Une visite qui changeait des rouges habituelles mais pas si exceptionnelle que ça. Je deviens de plus en plus exigeante, avec les découvertes.
















Nous avons continué notre route vers Valley of the Gods, une petite Monument Valley mais avec les touristes en moins. Ce qui était impressionnant était la vision à l’infini avec en fond les formations rocheuses et pour les atteindre une simple piste au milieu de la végétation rase et éparse. On voyait des pierres en équilibre et on se demandait comment de telles roches arrivaient à tenir. Mais le plus bizarre est que l’on est vraiment seul sur des miles et des miles. On n’a croisé aucune voiture sur tout notre tour !




A la fin de cette longue journée, nous avons atteint Moab, la ville au cœur des plus beaux parcs de l’Utah.

See you ;)
Gaellou


19 août 2013

L'émerveillement continue

Lundi 8 Juillet 2013 : Un cheval et une antilope

Après une bonne nuit de sommeil et un petit-déj américain maison (l’avantage de louer un appartement), nous sommes partis pour une grosse journée de découvertes. Notre première destination fut Horseshoe Bend. Une fois la voiture garée, devant nous se dressait une grande colline de sable rouge. Sous une chaleur écrasante, on crapahuta. Arrivés tout en haut, il nous restait 1,2 miles à parcourir (2 km). Mais le chemin était en sable et en pente donc on descendait en glissant tranquillement. Au bout de nos efforts, une magnifique vue s’offrit à nous : le Colorado vert émeraude s’enroulant autour d’une formation rocheuse en grès rouge. C’est d’ailleurs de là que vient le nom de cette merveille : Horseshoe Bend ou le virage en fer à cheval.
Le sable ayant laisser place à la pierre, j’ai osé m’approcher au plus près de la falaise (heureusement que je n’ai pas le vertige !). Et là, je regardai le Colorado en contrebas et lançai : « Regardez ! Y en a qui ont laissé leur bateau électrique en plein milieu ! ». C’était bien un bateau mais il n’était pas électrique. C’était un vrai gros bateau qui ne faisait pas plus d’un millimètre de long. Et à ce moment-là, je réalisai la hauteur à laquelle on se trouvait.
Le plus remarquable avec ce site est que l’environnement autour est très plat. Il y a juste le Colorado qui a creusé au fil des années (qui se comptent en millions !) ces méandres. On ne peut être que subjugué par un tel paysage.
Horseshoe Bend. On peut voir un "petit" bateau en bas de l'image.


Une fois les photos prises, il nous a fallu repartir. Et là, c’était l’agonie. Il devait être aux alentours de 11h30, donc il devait faire dans les 40 – 45 °C. Mais le pire n’était pas la chaleur, c’était la pente qu’il fallait remonter… dans le sable brûlant. Pour deux pas que l’on faisait, on reculait d’un pas. Et plus on est lourd, plus on s’enfonce. Une horreur ! Pour faire ces deux kilomètres, on a dû mettre plus de 45 min !
Après une brève pause, nous sommes repartis vers le Lower Antelope Canyon, un slot canyon géré par les Navajos. Un slot canyon est un canyon extrêmement étroit, souvent invisible depuis la surface. C’est un peu comme une crevasse en montagne.
Il existe deux Antelope Canyon à Page, le Lower et le Upper. Ce dernier est beaucoup plus touristique car plus facile d’accès que le premier. Comme nous voulions éviter la foule nous avons donc choisi d’explorer le Lower Antelope Canyon.
Comme je le disais plus haut, le canyon est géré par les Navajos et il est normalement interdit de le visiter seul. En effet, à cause de son étroitesse, les risques sont très importants lors des flash flood (crue subite). Il faut donc un guide expérimenté pour le visiter.
Notre visite a commencé avec un rappel sur les flash flood (pas très rassurant) et deux secondes après le guide s’était volatilisé. En fait, il s’était introduit dans une fine faille. Chacun notre tour à la queue leu leu, nous sommes descendus dans l’étroite fissure. Un jeu d’escaliers métalliques très pentus nous amena au fond du canyon. Enfin, c’est ce qu’on croyait. Plus on avançait, plus on s’enfonçait. A certains moments, l’escalier était tellement abrupt qu’on devait le descendre à l’envers telle une échelle. Mais notre guide, lui, virevoltait : il escaladait les murs, dégringolait les escaliers en se laissant glisser sur l’unique rambarde, sautait les marches.
"Entrée" du Lower Antelope Canyon
Mais plus que l’habilité de notre guide, ce qui m’a fasciné était le canyon en lui-même. Le soleil était haut donc la lumière éclairait même le fond du canyon. C’était un jeu de lumière et de couleurs entre les parois rocheuses déchirées et escarpées, le sable rouge, le ciel bleu, les tourbillons de poussières créés par nos pas qui s’élevaient. Un spectacle magique, presque mystique. D’ailleurs, c’est peut-être pour cela que mon appareil photo s’est complètement déchargé en plein milieu de la visite…


















Un canyon très étroit
Jeux de lumières


Après un rapide déjeuner, nous avons décidé d’explorer le lac Powell, enfin plutôt les environs du Barrage de Glen Canyon (Glen Canyon Dam). Nous avons commencé par une magnifique vue sur le barrage avec le Colorado vert émeraude. Puis nous avons décidé de nous baigner dans l’eau du lac. Plusieurs « plages » sont « accessibles » autour du lac. Je mets des guillemets ici car ce ne sont pas des plages de sable fin ni même des petites criques. Ce sont des endroits où il est autorisé de se baigner si vous arrivez à y accéder.
Colorado



Nous nous sommes dirigés vers la zone de Chains Area. Garés au parking, notre célèbre guide du routard, nous indiquait : « Il ne vous reste plus qu’à descendre tranquillement les rochers  (5 à 10 min de marche)». Tranquillement. 10 min. La bonne blague. On a mis plus de 30 min (et je suis gentille) pour rejoindre un endroit où on pouvait se baigner, c’est-à-dire sans falaise abrupte. Les rochers étaient faits de sables agglomérés donc très friables. A certains endroits, on a dû descendre sur les fesses, tant la pente était raide. Mais au bout de nos efforts : une eau limpide à 26 °C et un super panorama.

On a dû descendre ça !

Notre plage privée

Le retour fut épique (il fallait éviter les colonies de fourmis rouges gigantesques) mais quand même plus facile. Par contre, ma tong n’a pas résisté et a rendu l’âme à deux mètres du parking. C’est ce qui s’appelle avoir de la chance.
Un rapide détour à la maison pour changer de chaussures et direction Sunset Point, endroit duquel le coucher de soleil est à voir. La vue sur le lac Powell avec ses falaises blanches et sa marina et les mesas en arrière-plan était magnifique. Avec la lumière du soir, on aurait dit un tableau. (Le coucher de soleil était par contre assez quelconque.)





Sur tout mon périple, Page restera mon étape préférée pour la beauté et la diversité de ses paysages.
See you ;)
Gaellou